Journée d’études de l’ERITA: samedi 21 novembre 2026

Publié par E. C. le

La Journée d’études de l’ERITA (Équipe de Recherches interdisciplinaire sur Triolet et Aragon) aura lieu le samedi 21 novembre 2026, normalement à l’Université Paris-Cité, Campus des Grands Moulins, Paris 13ème. Métro « Bibliothèque François Mitterrand » (ligne 14/RER C)

Salle: à venir.

Programme provisoire:

à partir de 9 H : accueil

9 H 30 – communication de Diane Royer: « Responsabilité et fonctions de la critique d’art dans la Nouvelle Critique et Les Lettres françaises au regard de tendances artistiques exposées au Salon de la Jeune Peinture et de l’écrasement de la révolution hongroise en 1956″
L’année 1956 représente à plusieurs titres un tournant fondamental pour le monde communiste international. Si le XXe Congrès du PCUS s’avère être un premier ébranlement dont les ondes de choc se déploient dans le monde entier, les réactions de l’URSS face aux soulèvements à Poznan puis à la révolution hongroise provoquent une rupture aussi profonde qu’instantanée. La création artistique témoigne de la violence de ces secousses subies dans le monde, particulièrement par le milieu communiste. L’étude de cas du litige entre les critiques d’art Jean Rollin et Pierre Joly prenant forme dans les colonnes de La Nouvelle Critique paraît offrir un angle de compréhension original de la réception de la crise hongroise au sein du PCF dans la mesure où, sans jamais l’expliciter, l’objet principal de la querelle n’est autre qu’une peinture de Paul Rebeyrolle présentée au VIIIe Salon de la Jeune Peinture, à Paris, symbolisant le départ de celui-ci du Parti suite à l’intervention soviétique sanglante visant à étouffer la révolution hongroise. Si Louis Aragon se tient apparemment à distance de ce débat, il y contribue néanmoins à travers l’influence de ses discours et écrits, dont L’Art de parti en France, prononcé lors du XIIIe Congrès du PCF.
Au sein de cette étude de cas, il sera d’abord abordé le débat esthétique soulevé par la « Discussion » concernant l’évolution du réalisme dans la création artistique à la fin des années 1950 qui, du Salon de la Jeune Peinture aux colonnes de La Nouvelle Critique, révèle l’existence de positions opposées au sein du Parti. Il sera ensuite question des modalités de la critique d’art marxiste ainsi que de la fonction et de la posture attendues des critiques d’art communistes dans Les Lettres françaises et La Nouvelle Critique. En dernier lieu, sera interrogée la prise de position, bien qu’implicite, des critiques d’art face à la répression sanglante de la révolution hongroise qui peut dissoner avec celle, officielle, du PCF.

10 H 30 – communication d’Ekaterina Morozova: « Elsa Triolet à Tahiti : des lettres au roman »
Cette présentation s’intéressera aux débuts littéraires d’Elsa Triolet à travers l’étude de Zoo, ou Lettres qui ne parlent pas d’amour de Victor Chklovski (1923), et de la genèse de son premier roman, À Tahiti (1925). En s’appuyant sur l’analyse croisée de documents d’archives, de correspondances et de textes publiés, elle examinera les processus de transformation de l’expérience vécue et de l’écriture épistolaire en œuvre littéraire. Elle s’interrogera également sur l’influence du contexte intellectuel de l’émigration russe dans cette évolution.

11 H 30 – communication de Diana Plachendovskaya: « Écrire la parure : Colliers et colliers d’Elsa Triolet.« 
Cette communication propose une relecture du texte Colliers d’Elsa Triolet, à la lumière de documents inédits associés à sa pratique de parurière. Rédigé en 1932 et partiellement publié en URSS en 1933, Colliers n’a que rarement fait l’objet d’analyse de spécialistes de l’œuvre triolétienne, probablement en raison de sa traduction posthume en 1973 et de son ambition documentaire assumée. Or, ce texte et la pratique plastique qu’il accompagne se situent au moment pivot de sa carrière littéraire – le « passage du russe au français », comme l’a déjà formulé Marianne Delranc Gaudric.
En nous appuyant sur les travaux de cette dernière ainsi que sur ceux de Marie-Thérèse Eychard, nous nous proposons de poursuivre l’exploration du contexte de publication de cet « essai documentaire » et d’interroger son association avec la « prose factuelle » soviétique. Peut-on mettre en rapport l’expérimentation par Triolet sur la « factographie » littéraire et le choix des matériaux « pauvres » et objets du quotidien détournés pour ses bijoux ? L’analyse formelle des colliers eux-mêmes, conservés aujourd’hui à la Maison Elsa Triolet-Aragon à Saint-Arnoult-en-Yvelines et à la Bibliothèque Elsa Triolet à Saint-Etienne-du-Rouvray, alimentera notre réflexion. Il s’agirait de mettre en dialogue Colliers avec les carnets de commandes et cahiers de modèles d’Elsa Triolet-parurière. Peut-on aller au-delà de la vision de la mode en tant que travail alimentaire pour parler d’une influence que la création décorative aurait pu exercer sur sa formation littéraire ? 

12H30 : déjeuner

14 H 30 – communication d’Anna Stabler-Galeani: « L’arrière-texte juif dans Le Cheval roux et L’Âge de nylon d’Elsa Triolet »
À partir des travaux d’Ernst Bloch et de Walter Benjamin, cette communication interrogera le rôle de motifs issus du judaïsme (messianisme, dimension eschatologique, poétique labyrinthique issue de la Kabbale) dans la réflexion sur l’Histoire menée par Elsa Triolet dans Le Cheval roux (1953) et dans les trois romans de L’Âge de nylon (1959-1963), en particulier dans Luna-Park (1959).

15 H 30 – communication d’Antoine Dissard (précisions à venir)


E. C.

Docteur en histoire, Chercheur associé au Centre d’Histoire sociale des mondes contemporains (Paris-I), Professeur en lycée.